Un véritable bijou pour tous les collectionneurs et les amateurs d'échecs!  Ce livre, édité par la Fédération québécoise des échecs, est le fruit de nombreuses années de travail de Guy Gignac. Il comporte un nombre incroyable de documents inédits. À travers de nombreux objets de collection comme des télégrammes, des feuilles de parties et des photos, nous sommes rapidement immergés dans la vie passionnante d'Alekhine.

Note: le livre est épuisé chez l'éditeur et aucune réédition n'est prévue. Il pourrait encore être disponible dans certaines librairies d'occasion.

Voici un court extrait : Le neuvième pion

Les souvenirs de ce globe-trotter sont innombrables, mais, parmi ceux-ci, il y en a un qui se démarque particulièrement des autres. L'anecdote survint en Amérique du Sud, le 21 octobre 1926, au cours d'une simultanée à l'horloge donnée par Alekhine.

Il raconta, avec son sens de l'humour habituel, avoir eu une opposition anticonformiste contre un des participants qui disposait selon lui de neuf pions. Après une brève interruption, il convint que le nom de famille de son adversaire « Bauer » était la clé de l'énigme et que le neuvième pion était tout simplement son rival (Le mot allemand Bauer signifie « pion » en français!)

Fidèle à ses habitudes, Alekhine provoqua son adversaire dès le début avec la sortie précoce du Cavalier en f6. Ce coup agressif et provocant fut pratiqué lors de la deuxième édition du tournoi de Londres en 1862 ainsi qu'à différents événements antérieurs.

Alekhine lui redonna ses lettres de noblesse en réhabilitant cette défense au tournoi de Budapest en 1921. Il démontra la solidité de cette ouverture en annulant contre l'Allemand Friedrich Sämisch et en l'emportant contre le maître hongrois André Steiner.

Un an plus tard, son apport au développement de cette ouverture sera récompensé et on lui attribuera le nom de Défense Alekhine. Apparemment, la source de cette nomination proviendrait de la publication de la brochure de Hans Fahrni : Das Aljechin-Verteidigung. Peu importe l'origine, c'est un hommage bien mérité pour celui qui aida considérablement à la populariser. L'idée principale de cette défense courageuse est de laisser le centre aux mains des Blancs pour mieux l'attaquer par la suite. La structure de pions peut s'écrouler comme un château de cartes à tout moment si les joueurs n'y prennent garde.

Comme « Bauer » détenait l'avantage du trait, celui-ci inversa délibérément l'ordre des coups et la partie transposa finalement par interversion des coups dans une variante de la Défense Pétroff ou communément appelée Défense Russe. (1.e4 e5 2.Cf3 Cf6 3.Cc3 Fb4 4.d3 d5 5.exd5 Cxd5 6.Fd2 Cc6 7.a3 Cxc3).

Voici la partie à laquelle Alekhine fit allusion.

 Conrado Bauer – A. Alekhine La Plata, 21 octobre 1926

1.e4 Cf6 2.Cc3 e5 3.Cf3 Fb4 4.d3 d5 5.exd5 Cxd5 6.Fd2 Cc6 7.a3 Cxc3 8.Fxc3 Fxc3+ 9.bxc3 Df6 10.Cd2 Dg6 11.Df3 0-0 12.Dg3 Dd6 13.De3 f5 14.f3 Fe6 15.Fe2 Ce7 16.c4 f4 17.Df2 Cf5 18.0-0 Ce3 19.Tfc1 Dd4 20.c3 Dd7 21.Cf1 Cf5 22.Tcb1 b6 23.c5 Tf6 24.Tb4 Fd5 25.Te1 bxc5 26.Dxc5 Tc6 27.Da5 Tg6 28.Teb1 h6 29.Tb8+ Rh7 30.Txa8 Ch4 31.Rf2 Txg2+ 32.Re1 Fxf3 0 – 1